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Marcel Proust
1871-1922 |
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1871 : Le 10 juillet, naissance de Marcel Proust à Auteuil. Il est le fils de Jeanne Weil, juive d’origine alsacienne, et du docteur Adrien Proust, médecin et hygiéniste dont la brillante carrière est alors déjà lancée. 1881 : Enfant à la santé délicate, il montre très vite les signes d’une intelligence et d’une vivacité d’esprit remarquables. À l’âge de neuf ans, lors d’une promenade au bois de Boulogne, il est pris d’une violente crise d’asthme. Il en réchappe, mais en garde toute sa vie le traumatisme. 1882 : Il entre au lycée Condorcet où il fréquente entre autres Léon Brunschvicg, Louis de la Salle, Robert Dreyfus et Abel Desjardins. Il obtient quelques prix à la fin de son année. 1884 : Très souvent absent du lycée, il est malgré tout reçu au certificat d’études. 1886 : Après avoir quitté Condorcet, il effectue chez lui sa scolarité tout en faisant ses premières tentatives littéraires. 1888 : Il entre en classe de philosophie ; l’enseignement d’un de ses professeurs, Alphonse Darlu (M. Beulier dans Jean Santeuil), le marquera durablement. 1889 : Reçu bachelier en juillet. En novembre, il débute son service militaire à Orléans, au 76e régiment d’infanterie. Il s’y lie d’amitié avec Robert de Billy. 1890 : Il rentre à la Sorbonne et suit les cours de la Faculté de droit et de l’École libre des sciences politiques. 1891 : Toujours étudiant, il rencontre Oscar Wilde et Jacques-Émile Blanche. 1892 : Avec ses amis Fernand Gregh, Robert Dreyfus, Daniel Halévy et Louis de La Salle, il fonde en 1892 la revue Le Banquet. Il devient l’ami de Gaston Arman de Caillavet et tombe amoureux de sa fiancée, Jeanne Pouquet. Il s’inspirera du couple pour les personnages de Robert de Saint-Loup et de Gilberte. 1893 : Il rencontre Robert de Montesquiou, qui l’influencera durablement. Plusieurs de ses articles et études paraissent dans la Revue blanche. Il obtient sa licence en droit en octobre. 1894 : Il rencontre Reynaldo Hahn, son premier amant. Il aura avec lui une liaison de deux ans, à laquelle succédera une longue amitié. 1895 : Après avoir suivi des cours à l’École libre des sciences politiques et à la Sorbonne, Proust est licencié ès lettres. Il passe le concours de bibliothécaire, trouve un emploi non rétribué à la bibliothèque Mazarine mais demande son congé après quatre mois pour se rendre à Dieppe, Beg-Meil et Belle-Île avec Reynaldo Hahn. À Paris, il mène une vie très mondaine. Début de la rédaction de Jean Santeuil, roman qui sera la matrice d’À la recherche du temps perdu et sur lequel il travaille jusqu’en 1899. Il restera inachevé et manquera de peu d’être détruit par Proust lui-même. 1896 : Publication des Plaisirs et des Jours, recueil de poèmes en vers, essais et nouvelles illustré par Madeleine Lemaire et préfacé par Anatole France. Le livre passe inaperçu. Quelques poèmes en sont mis en musique par Reynaldo Hahn. 1897 : Proust se bat en duel contre Jean Lorrain, qui l’avait attaqué pour ses relations avec le jeune Lucien Daudet, rencontré l’année précédente. 1898 : Il signe une pétition d’intellectuels demandant la révision du procès d’Alfred Dreyfus parue dans L’Aurore le lendemain de la publication de J’accuse. Il assiste au procès d’Émile Zola, dont il s’inspirera pour Jean Santeuil. 1899 : Abandonne la rédaction de Jean Santeuil, et commence à s’intéresser à John Ruskin, auquel il consacre une étude dans La Revue de Paris. Entame la traduction de La Bible d’Amiens. 1901 : Série de graves crises d’asthme. Il termine sa traduction de La Bible d’Amiens, qu’il peine à faire éditer. 1903 : Mort de son père, des suites d’une hémorragie cérébrale. 1904 : Publication de sa traduction de La Bible d’Amiens de Ruskin. C’est un échec commercial. 1905 : Mort brutale de sa mère. Tombée malade début septembre, elle meurt de néphrite à la fin du mois. Bouleversé, Proust fait un séjour de six semaines en maison de santé. 1906 : Il s’installe rue de Courcelles, où il reste alité plusieurs mois. Parution, sous le titre Sésame et les Lys, de deux conférences de John Ruskin que Proust a traduites avec l’aide de Marie Nordlinger, cousine de Reynaldo Hahn. Malgré des critiques élogieuses, cet ouvrage est un nouvel échec. Dans sa préface, intitulée Sur la lecture, Proust prend ses distances avec les théories de Ruskin. 1908 : Proust écrit pour Le Figaro une série de pastiches imitant entre autres le style de Balzac, Flaubert ou Sainte-Beuve, et qu’il baptise « pastiches de la critique en action ». Premières notes en vue du projet qui deviendra À la recherche du temps perdu. Entame également la rédaction de ce qui constituera le point de départ du Contre Sainte-Beuve. 1909 : Plusieurs éditeurs refusent de publier ses pastiches en volume. Proust rédige une vingtaine de cahiers pour son projet d’un Contre Sainte-Beuve mêlant essais, souvenirs et récits. Il écrit à ce sujet une lettre à Alfred Valette, directeur du Mercure de France, qui refuse le livre. S’y trouvent des épisodes traitant de Combray, de Swann, de Gilberte et de sa mère. Proust imagine la structure de La Recherche, dont il a d’ores et déjà imaginé les premier et dernier tomes. 1910 : Il effectue un travail considérable sur son projet. Sa vie sociale se fait moins intense. Il fait tapisser sa chambre de liège pour l’insonoriser. 1912 : Proust tente de nouveau de faire publier son texte sous le titre Le Temps perdu : Fasquelle, Gallimard et Ollendorff refusent. Seul Bernard Grasset accepte, mais à compte d’auteur. L’écrivain pense alors à un diptyque qui serait constitué du Temps perdu et du Temps retrouvé et s’intitulerait Les Intermittences du cœur. Cependant, de nombreux changements sont opérés dans le découpage, les noms et les titres par Grasset. 1913 : Publication de Du côté de chez Swann en novembre. L’ouvrage est mal reçu. Les premiers lecteurs identifient Marcel Proust au narrateur et ne voient dans le texte qu’un rassemblement de souvenirs et d’associations d’idées. On critique également son style pour sa complexité et sa propension à accumuler les détails. André Gide reconnaît toutefois qu’il a fait une erreur en refusant de le publier et Jacques Rivière en fait un compte-rendu fidèle et perspicace dans la Nouvelle Revue Française. Alfred Agostinelli s’installe chez Proust avec sa maîtresse. Il est son secrétaire, son amant et le futur modèle du personnage d’Albertine. Il ne restera que quelques mois, au grand désespoir de son patron. Proust fait dactylographier le manuscrit du Côté de Guermantes. 1914 : Mort d’Agostinelli dans un accident d’avion. C’est une perte très dure pour l’écrivain. Elle l’amènera à écrire Albertine disparue. À la déclaration de guerre, son chauffeur et son valet de chambre sont mobilisés. Il demande à une jeune servante, Céleste Albaret, de venir s’installer chez lui. Elle ne le quittera plus jusqu’à sa mort. Proust fait subir de profondes modifications à À l’ombre des jeunes filles en fleurs et au Côté de Guermantes. Il ne cesse d’enrichir ses manuscrits. Grasset est mobilisé et ferme sa maison d’édition, ce qui retarde la publication de la suite de la Recherche et permet à Proust de lui donner de l’ampleur. 1915 : Il travaille à Sodome et Gomorrhe, à La Prisonnière et à La Fugitive. 1916 : Proust rejoint les éditions de la Nouvelle Revue Française et Gaston Gallimard rachète Du côté de chez Swann. Il consacre une grande partie de son temps à l’écriture, et achève de rédiger Sodome et Gomorrhe. 1917 : Il travaille à La Prisonnière et au Temps retrouvé. À la fin de l’année, il connaît quelques difficultés financières. Prépare la publication d’À l’ombre des jeunes filles en fleurs. 1918 : Il achève l’essentiel de la rédaction de la Recherche. À l’ombre des jeunes filles en fleurs est imprimé fin novembre, mais ne paraîtra que l’année suivante. 1919 : Publication d’À l’ombre des jeunes filles en fleurs en juin. Il reçoit le prix Goncourt en novembre, ce qui lui apporte une subite notoriété. Malgré le surmenage et une dégradation de son état de santé, publication de Pastiches et mélanges, ouvrage rassemblant ses pastiches de 1909 et ses préfaces aux traductions de Ruskin. Proust est nommé Chevalier de la Légion d’Honneur. 1920 : Publication dans la Nouvelle Revue Française de l’article « À propos du style de Flaubert ». La première partie du Côté de Guermantes paraît en octobre. 1921 : Publication de la seconde partie du Côté de Guermantes, suivi de la première de Sodome et Gomorrhe. Publie plusieurs articles et extraits de la suite de la Recherche en revue. Tensions avec nombre de ses proches, qui croient se reconnaître dans ses personnages. 1922 : Publication de la seconde partie de Sodome et Gomorrhe. Il relit les épreuves de La Prisonnière, dont les deux volumes seront imprimés quelques jours avant sa mort. Au printemps, il reprend le manuscrit du Temps retrouvé et confie à Céleste Albaret que son travail est désormais achevé. Épuisé, il meurt le 18 novembre d’une bronchite mal soignée. Il est enterré le 22 au cimetière du Père Lachaise à Paris. Peu avant sa mort, il demande à Jacques Rivière et à son frère Robert de publier le reste de son œuvre. 1925 : Publication d’Albertine disparue. 1927 : Publication du Temps R etrouvé. 1952 : Publication de Jean Santeuil. 1954 : Publication du Contre Sainte-Beuve.
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Note sur le texte Proust a trente-cinq ans lorsqu’en 1906 il publie Sur la lecture, conçu comme une préface à sa traduction de Sésame et les Lys, recueil de conférences dispensées par John Ruskin en 1864. À cette époque, Proust n’a publié que Les Plaisirs et les jours, recueil de poèmes et de nouvelles qui n’a rencontré que peu de succès, un certain nombre d’articles et une première traduction de Ruskin, La Bible d’Amiens, passée inaperçue du public. De son propre aveu, il n’est dans Sur la lecture « guère question de Ruskin » ; mieux encore, il s’y oppose frontalement aux théories dont il vient de traduire et de commenter abondamment l’exposé. Sa fascination pour Ruskin remonte au début des années 1890 ; il lit alors ses ouvrages dans le texte original, Ruskin ayant interdit qu’on les traduise de son vivant. Les projets de traduction de Proust naissent après la mort de l’auteur, en 1900. Proust vient d’abandonner la rédaction de Jean Santeuil, et en 1904 paraît au Mercure de France La Bible d’Amiens. Déjà Proust y prend ses distances avec Ruskin, ce que l’on constate notamment dans les notes dont il enrichit les derniers chapitres. Sur la lecture marque plus nettement encore cet éloignement, et constitue surtout un essai merveilleusement pénétrant sur la lecture, notre rapport aux grands auteurs notre rapport au passé. Note sur la présente édition de Sur la lecture Notre texte est celui de la première édition en volume, parue au Mercure de France en 1906, lui-même très proche du texte de l’édition originale publiée dans la revue La Renaissance latine en juin 1905. Éditions de Sur la lecture L’édition originale de Sur la lecture parut le 15 juin 1905, sans la traduction de Ruskin, dans la revue La Renaissance latine. Elle fut reprise en volume l’année suivante au Mercure de France. Sur la lecture, in Sésame et les lys, RUSKIN, John, traduction de l’anglais, préface et notes par Marcel Proust, Paris, Mercure de France, 1906 (rééd. Bruxelles, Complexe, 1987 ; Paris, Rivages, 2011). Sur la lecture, Bruxelles, J. Antoine, 1985 (rééd. Arles, Actes Sud, 1988 ; Paris, Fayard, « Mille et une nuits », 1993 ; Paris, Éditions J’ai Lu, « Librio », 2000). Sur la lecture fut également repris sous le titre Journées de lecture en conclusion du volume de Pastiches et mélanges publié par Gallimard, du vivant de son auteur, en 1919 (Proust apporta plusieurs modifications à son texte à cette occasion. La principale variante porte sur sa dernière page ; nous la donnons en note). Il a connu plusieurs éditions séparées sous ce titre, et figure dans la réédition récente des Pastiches et mélanges (Paris, Gallimard, « L’Imaginaire », 1992). Œuvres L’édition des œuvres dans la Bibliothèque de La Pléiade constitue une bonne édition de référence. À la recherche du temps perdu, Jean-Yves Tadié (dir.), Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 4 vol. , 1987-1989. De nombreux inédits, articles, brouillons ou fragments ont paru dans des revues ou des ouvrages d’érudition dont un certain nombre sont cités plus bas. Signalons l’édition des Carnets, Florence Callu et Antoine Compagnon (éds.), Gallimard, 2002. Traductions RUSKIN, John, La Bible d’Amiens, traduction, préface et notes par Marcel Proust, Mercure de France, 1904. Correspondance Correspondance générale, Robert Proust et Paul Brach (éds.), 6 vol. , Paris, Plon, 1930-1936. De nombreuses correspondances particulières ont été publiées, parmi lesquelles : Marcel Proust et Gaston Gallimard, Correspondance, Pascal Fouché (éd.), Paris, Gallimard, 1989. Bibliographie critique La bibliographie des ouvrages consacrés à Marcel Proust étant particulièrement abondante, nous nous contentons de citer ici un certain nombre d’ouvrages de référence. ALBARET Céleste, Monsieur Proust, Paris, Robert Laffont, 1973. Signalons également : Bulletin de la société des amis de Marcel Proust et des amis de Combray, 60 numéros parus de 1950 à 2010 (très nombreux articles d’érudition, mises à jour bibliographiques, comptes-rendus, fragments et lettres inédits), Illiers-Combray, Société des amis de Marcel Proust et des amis de Combray, 1950- . |
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